La syllabe

Un mot est formé d’une ou de plusieurs syllabes.
Une syllabe est composée d’un ou de plusieurs phonèmes.
La syllabe correspond à l’unité phonétique prononcée lors d’une seule émission de voix.

La structure

Quelle est  la structure de la syllabe ?
Nous avons noté précédemment (cf Les sons de la langue) qu’une syllabe ne peut exister sans voyelle.

Sans voyelle pas de syllabe !

La voyelle est le cœur de la syllabe.
Le cœur de la syllabe, appelé noyau par les linguistes, est composé d’une voyelle seule ou bien d’une voyelle et d’une semi-voyelle associées.

C’est autour de ce noyau que peuvent venir se greffer les consonnes pour former une syllabe plus étendue.
Les consonnes peuvent prendre place avant le noyau (à l’attaque) et après le noyau (à la coda).
La structure générale de la syllabe peut être représentée par le schéma suivant :

attaque noyau coda
Consonne(s) Voyelle
ou
Voyelle + semi-voyelle
Consonne(s)

À partir de ce schéma, on peut, selon les mots de la langue française, observer que plusieurs formes de syllabes sont possibles. Les variations structurales touchent à l’attaque et à la coda, à leur existence ou non, et au nombre de consonnes qui les composent.

Les formes

Quelles formes la syllabe peut-elle  prendre ?

Une syllabe ne peut exister sans noyau, c’est-à-dire sans voyelle.

Exemples de mots constitués d’une seule syllabe :
C = consonne     V = voyelle  (ou voyelle + semi-voyelle)

1/ sans attaque, sans coda        V

2/ sans attaque, avec coda       VCVCCVCCC


3/ avec attaque, sans coda       CVCCVCCCV


4/ avec attaque, avec coda       CVCCCVCCCVCCCCVCCCCCCVCCCCVCC


On observe que les formes varient de la plus simple (voyelle seule) à la plus complexe (voyelle avec attaque et coda contenant plusieurs consonnes).

V - VC - VCC - VCCC

CVCCVCCCV - CVCCCVCCCVCCCCVCCCCCCVCCCCVCC

On peut noter en français l’existence d’une douzaine de formes de syllabes différentes.

Au regard du nombre des combinaisons possibles, on peut imaginer la difficulté que peut représenter pour l’élève la tâche de fusion syllabique des mots écrits, tout particulièrement lorsque les mots sont composés de plusieurs syllabes aux formes complexes.

Syllabe orale, syllabe écrite

Lorsque l’on parle de syllabe, il convient de bien distinguer entre syllabe orale et syllabe écrite.

La langue orale est vivante et de ce fait elle est sujette à modifications.
Son évolution est régulière, permanente et rapide depuis l’avènement des moyens modernes de communication.
La langue française est parlée diversement et prononcée de façon variable selon les locuteurs, les régions et les différents lieux de la francophonie.
Sa réalité est diverse.

La langue écrite est figée, et son évolution a été extrêmement lente au cours de l’histoire.
Les rares tentatives de réformes orthographiques ont toujours déchaîné les passions.
Depuis l’avènement récent des outils de télécommunication modernes et leur usage généralisé, de nouvelles formes de langue écrite semblent se mettre en place. Le suivi de leur évolution ne manquera pas de donner de précieuses indications aux linguistes.
Quoi qu’il en soit, en situation d’apprentissage de lecture et d’orthographe, le référent demeure l’écrit.
Et les références de l’écrit se trouvent dans les dictionnaires de langue.
C’est sur ce matériau et ces éléments que se fondent les enseignements de la langue écrite à l’école.

Selon la prononciation des locuteurs, le nombre de syllabes peut varier pour un même mot :

3 syllabes 2 syllabes
lentement len      te      ment lent(e)       ment
biberon bi       be        ron
bi         b(e)ron
Marseille Mar     se       ille Mar         seill(e)

C’est la réalité de la langue parlée.

L’écrit orthographique est la référence de la transcription et le nombre de syllabes écrites est fixe ; ce nombre relève de la structure même de la syllabe écrite.
Le phénomène de variation entre mot oral et mot écrit étant très fréquent dans la langue française, il faut nécessairement en tenir compte dans l’enseignement dans la mesure où langue orale et langue écrite représentent les deux aspects et les deux formes d’une même langue de communication.

Contradiction : forme orale / forme écrite

Si l’on observe la liste des mots que nous avons proposée dans le paragraphe qui précède (les formes), nous noterons que parmi eux, il y en a six, qui bien que constitués de deux syllabes écrites se prononcent en une seule syllabe orale :

huî/tre — as/tre — sui/te — trui/tespec/tre — stro/phe

Il y a là contradiction entre la forme orale et la forme écrite d’un même mot.

• Cette situation est habituelle et régulière en français pour les mots se terminant selon la forme consonne(s) +  /e/ caduc *

lu/neba/llemon/tre

* Nous appelons /e/ caduc le son /e/ que l’on peut choisir de  prononcer ou pas. Ne pas le confondre avec le e muet qui lui ne se prononce jamais (oie, pie).

• Cette situation apparait aussi parfois quand la forme (consonne +  /e/ caduc) est en début ou en corps de mot.

ve/nezre/mon/terlen/te/mentbi/be/ron

Ce phénomène, dû à l’évolution de la langue parlée, conduit à prendre en considération au niveau de l’enseignement de la lecture et de l’orthographe ce double aspect phonie/graphie ; il entraîne la nécessité de bien faire distinguer entre la segmentation syllabique écrite et la segmentation syllabique orale.
Il convient de jamais oublier que l’écriture et l’orthographe sont faites pour la vue.

Le procédé facilalire intègre totalement ces données puisqu’il donne à voir dans les mots la structure de la syllabe écrite en faisant apparaître  la voyelle en couleur que celle-ci soit prononcée ou non.

En français, il y a autant de syllabes écrites qu’il y a de voyelles.
En observant le nombre de voyelles que contient un mot, on sait aussitôt le nombre de syllabes qu’il contient.
Ce que les utilisateurs des procédés facilecture et facilalire ont implicitement ou explicitement observé et compris … grâce aux couleurs …

 


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