intégral
1- Le principe alphabétique
2- Les sons de la langue
Les voyelles
Les consonnes
Les semi-voyelles
3- Des sons et des signes : correspondance
Un son : plusieurs signes
Un signe : plusieurs sons …ou aucun
Des lettres équivoques
4- La syllabe
La structure
Les formes
Syllabe orale, syllabe écrite
5- De l'oral vers l'écrit
Une démarche analytique
6- De l'écrit vers l'oral
Une démarche synthétique
7- Le code facilalire
Voyelles et semi-voyelles
Consonnes
Lettres muettes
Ponctuation
LiaisonsL’écriture, quel que soit le système inventé ou adopté par les civilisations, découle de l’oral et en constitue le prolongement.
Le principe alphabétique, qui est une forme de système d'écriture parmi d’autres, consiste à se servir d'un ensemble de symboles graphiques pour représenter et transcrire les sons de la langue orale.
L’apprentissage de la lecture dans les langues relevant de ce système d’écriture nécessite la prise de conscience de ce principe, sa compréhension, ainsi que la maîtrise du code qui le régit.
Prendre conscience du principe alphabétique et le comprendre, c’est concevoir que :
- à une langue parlée correspond une langue écrite composée de signes
- à un mot oral correspond un mot écrit codé à l’aide de signes graphiques, les lettres
- à un phonème (son de la parole) correspond un graphème (signe constitué d’une ou de plusieurs lettres)
2 - Les sons de la langue
La langue orale est constituée de sons : les phonèmes.
Dans la langue française les phonèmes se répartissent ainsi :
- voyelles
- consonnes
- semi-voyelles (ou semi-consonnes)
Remarque préliminaire :
Les termes "voyelle" et "consonne" utilisés dans ces lignes et sur ce site le sont dans leur acception phonétique. Ils s’appliquent à désigner les sons de la parole.
Dans le cas de la référence aux graphies de l’alphabet latin, nommées également consonnes et voyelles, ce sont les expressions "lettre voyelle" ou "lettre consonne" qui seront utilisées ; cette distinction est essentielle à une bonne communication.Les voyelles
La voyelle est un son du langage humain produit par la vibration des cordes vocales et caractérisé par le passage de l’air via la cavité buccale et/ou les fosses nasales.
La cavité buccale et les fosses nasales servent de résonateurs et de modulateurs à l’écoulement de l’air, jouant ainsi sur le timbre du son émis.
La voyelle constitue à elle seule une syllabe.
Sans voyelle pas de syllabe !
Les voyelles se caractérisent par des sons "clairs" et "intenses"
Les voyelles du français sont de deux types : orales et nasales
Lorsque l’air passe par la bouche, les voyelles sont orales : O Œ E (é è) OU A U I
Lorsque l’air passe par le nez, les voyelles sont nasales : AN ON IN UN
Tableau des voyelles
voyelles orales voyelles nasales
[O]
[o]moto
fauteuil
bateau
porte
album__________
[u]
ours
igloo
__________[y]
lune
[Œ]
[ø]
bleu
cheval
oeufs
[œ]
cœur
fleur
__________[a]
ananas
âne
roi
__________[i]
hiver
île
pyjama
[E]
[e]
bébé
nez
parler
et
[ε]père
pelle
tête
noël
neige
fraise
violet
les
est
[ã]
orange
dent
jambe
décembre
__________
bonbon
trompe
__________
sapin
timbre
main
faim
ceinture
chien
un
parfum
Les consonnes
La consonne est un son du langage humain dont la production est caractérisée par l’obstruction du passage de l’air via la cavité buccale et/ou les fosses nasales.
La consonne ne peut pas à elle seule former une syllabe.
La consonne a besoin d’être associée à une voyelle pour constituer une syllabe.Les consonnes se caractérisent par des bruits (sifflement, chuintement, claquement, …)
Elles peuvent être de deux types :
- occlusives lorsque le passage de l'air est fermé et que le son résulte de son ouverture subite (p, b, t, d, k, g)
- continues lorsque le passage de l’air n'est pas interrompu (f, v, s, z, ch, j, m, n, l, r, gn )consonnes
[p]
p
papa
[b]
b
bébé
[t]
t
tapis
[d]
d
dé
[k]
c qu k q
coq quille képi
[g]
g gu
gâteau guitare
[f]
f ph
feuille pharmacie
[v]
v w
valise wagon
ch sh
chat shampooing
j g
jardin girafe
[s]
s c ç
x t
sapin ciel garçon
dix attention[z]
z s
zèbre maison
[m]
m
moto
[n]
n
noir
[r]
r
roue
[l]
l
lapin
[ŋ]
gn
peigne
Les semi-voyelles
La semi-voyelle (ou semi-consonne)
Deux appellations existent pour désigner la même réalité phonétique.
Le mode de production de la semi-voyelle (terme que nous emploierons par défaut dans ces pages) est semblable à celui d’une voyelle. Cependant la semi voyelle n’est pas caractérisée par un son "clair et intense" comme la voyelle.
La semi-voyelle est un phonème vocalique, placé avant ou après une voyelle.
Une voyelle et une semi-voyelle associées composent deux sons liés qui se prononcent en une seule émission de voix. (oi, ui, ion, ail, eil)
La semi-voyelle ne peut pas à elle seule former une syllabe.
La semi-voyelle a besoin d’être associée à une voyelle pour constituer une syllabe.
Les semi-voyelles du français sont les suivantes :
[j] i y il ill ll lion yeux soleil paille brille
[w] o ou w oiseau loin oui souhait kiwi
[µ] u lui huile suer
Les semi-voyelles ont des sonorités proches des voyelles /i/ /ou/ /u/ mais elles en sont phonétiquement différentes et s'en distinguent.
3 - Des sons et des signes : correspondanceDans certaines langues, la correspondance entre les sons et les signes est régulière.
A chaque son de la langue parlée (phonème) correspond un signe graphique (graphème) et un seul.
Inversement, à chaque signe graphique correspond un son et un seul.
Dans ce type de langues aux correspondances régulières, appelées langues transparentes, l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe est relativement facile. (espagnol, italien, indonésien ...).
La langue française n’est pas de ce type, les correspondances entre les sons et les signes y sont irrégulières.
Un son : plusieurs signes
À un même son peuvent correspondre plusieurs signes graphiques
Les signes phonographiques (qui codent les sons) peuvent être constitués d’une lettre, de deux, ou de trois parfois :
o fauteuil, auto, peau, pot, hôtel, album
œ bleu, cheval, nœud, monsieur, jeûne, œil, cueillir, faisan, club
e mer, père, maire, maître, neige, rêve, bonnet, pelle, noël, aimait
bébé, chanter, les, nez
Ces signes phonographiques sont des phonogrammes.
Lors de l’écriture des mots, d’autres lettres viennent s’ajouter aux phonogrammes pour apporter des informations orthographiques de type lexical (1) ou grammatical (2) :
(1) pot, gros, chaud, hôtel
(2) peaux, pots, bleue, bleues, aimais, aimait, aimaient
Ces lettres ne codent pas de son : ce sont des lettres muettes.
Elles codent du sens lexical (famille de mots)
pot → poterie chaud→ chaude
ou du sens grammatical (pluriel, genre, conjugaison)
peaux bleues aimaient
Ces signes orthographiques sont des morphogrammes.
La présence dans l'écrit de ces deux types de marques, phonographiques et orthographiques indique bien que l'écriture de la langue française est à deux niveaux : elle est principalement phonétique (note du son) mais elle est aussi idéographique (note du sens), ces deux aspects étant intimement liés.
Un signe : plusieurs sons… ou aucun
À un même signe graphique peuvent correspondre plusieurs sons différents… ou aucune cheval, merci, femme rue, tombée
en enfant, chien, lichen mangent
s sou, dessin, rusé cartes, aimes
g gare, goûter, girafe, luge long
Ces cas sont multiples dans la langue française et constituent pour de nombreux élèves la source des difficultés qu’ils rencontrent dans l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.
Des lettres équivoquesLe système phonologique du français compte 36 phonèmes (sons de la parole).
Pour transcrire les phonèmes à l’écrit, nous utilisons environ 130 graphèmes.
Ces graphèmes sont écrits à l’aide de 26 lettres.
C’est dans cette « équation » que résident bien des problèmes d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.
Les lettres voyelles et consonnes sont elles-mêmes des phonogrammes et peuvent, seules, noter des sons.
Elles peuvent aussi, en s’associant entre elles, participer à la création de nouveaux phonogrammes pour noter des sons totalement différents.
Elles peuvent aussi ne pas noter de son (morphogrammes).
Certaines lettres consonnes contribuent à la réalisation de graphèmes voyelles (an, on, in, ain, im, un, et …) ce qui peut être déroutant...
Les lettres sont équivoques ce qui rend complexe l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe et conduit à recommander la plus grande précaution à leur égard et dans leur usage.
La distinction entre les lettres -aux valeurs variables et équivoques- et les graphèmes, doit être régulièrement mise en avant, explicitée, montrée.
La manipulation de graphèmes constitués semble être une voie à prendre en considération et à privilégier, voire à systématiser, afin de faciliter les apprentissages.
C’est l’un des objets de facilalire.
Du fait de l’irrégularité des correspondances entre les sons et les signes écrits, la langue française est considérée comme une langue opaque.
Notons qu’elle l’est beaucoup moins que l’anglais, langue très opaque qui compte un millier de graphèmes pour noter 44 phonèmes.
Des études ont montré que c’est parmi les locuteurs de ces deux langues (français et anglais), que l’on rencontre le pourcentage le plus élevé d’élèves en difficulté d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.
La nature même de ces langues n’est probablement pas étrangère à ce fait.Un mot est formé d’une ou de plusieurs syllabes.
Une syllabe est composée d’un ou de plusieurs phonèmes.
La syllabe correspond à l’unité phonétique prononcée lors d’une seule émission de voix.La structure
Quelle est la structure de la syllabe ?
Nous avons noté précédemment (§2, Les sons de la langue) qu’une syllabe ne peut exister sans voyelle.
Sans voyelle pas de syllabe !
La voyelle est le cœur de la syllabe.
Le cœur de la syllabe, appelé noyau par les linguistes, est composé d’une voyelle seule ou bien d’une voyelle et d’une semi-voyelle associées.C’est autour de ce noyau que peuvent venir se greffer les consonnes pour former une syllabe plus étendue.
Les consonnes peuvent prendre place avant le noyau (a l’attaque) et après le noyau (à la coda).
La structure générale de la syllabe peut être représentée par le schéma suivant :
attaque
rime
noyau
Coda
Consonne(s)Voyelle
ou
Voyelle + semi-voyelle
Consonne(s)A partir de ce schéma, on peut, selon les mots de la langue française, observer que plusieurs formes de syllabes sont possibles. Les variations structurales touchent à l’attaque et à la coda, à leur existence ou non, et au nombre de consonnes qui les composent.
Les formes
Quelles formes la syllabe peut-elle prendre ?
Une syllabe ne peut exister sans noyau, c'est-à-dire sans voyelle ou sans association : voyelle + semi-voyelle.
Exemples de mots constitués d’une seule syllabe :
C = consonne V = voyelle (ou voyelle + semi-voyelle)1/ sans attaque, sans coda V
ou
oie
ail
2/ sans attaque, avec coda VC VCC VCCC
o
r
hui
t
a
rc
huî
tre
a
stre
3/ avec attaque, sans coda CV CCV CCCV
l
a
b
ien
tr
ou
pr
oie
str
ie
4/ avec attaque, avec coda CVC CCVC CCVCC CCVCCC CCCVC CCCVCC
l
a
c
s
ui
te
tr
o
c
tr
ui
te
tr
a
ct
sp
e
ctre
str
o
phe
str
i
ct
On observe que les formes varient de la plus simple (voyelle seule) à la plus complexe (voyelle avec attaque et coda contenant plusieurs consonnes).
V VC VCC VCCC
CV CCV CCCV CVC CCVC CCVCC CCVCCC CCCVC CCCVCCOn peut noter en français l’existence d’une douzaine de formes de syllabes différentes
Au regard du nombre des combinaisons possibles, on peut imaginer la difficulté que peut représenter pour l'élève la tâche de fusion syllabique des mots écrits, tout particulièrement lorsque les mots sont composés de plusieurs syllabes aux formes complexes.
Syllabe orale, syllabe écriteLorsque l’on parle de syllabe, Il convient de bien distinguer entre syllabe orale et syllabe écrite.
La langue orale est vivante et de ce fait elle est sujette à modifications.
Son évolution est régulière, permanente et rapide depuis l'avènement des moyens modernes de communication.
La langue française est parlée diversement et prononcée de façon variable selon les locuteurs, les régions et les différents lieux de la francophonie.
Sa réalité est diverse.
La langue écrite est figée, et son évolution a été extrêmement lente au cours de l'histoire.
Les rares tentatives de réformes orthographiques ont toujours déchaîné les passions.
Depuis l'avènement récent des outils de télécommunication modernes et leur usage généralisé, de nouvelles formes de langue écrite semblent se mettre en place. Le suivi de leur évolution ne manquera pas de donner de précieuses indications aux linguistes.
Quoi qu'il en soit, en situation d’apprentissage de lecture et d’orthographe, le référent demeure l’écrit.
Et les références de l'écrit se trouvent dans les dictionnaires de langue.
C’est sur ce matériau et ces éléments que se fondent les enseignements de la langue écrite à l'école.Selon la prononciation des locuteurs, le nombre de syllabes peut varier pour un même mot :
lentement (3) len te ment (2) lent(e) ment
biberon bi be ron bi b(e)ron
Marseille Mar se ille Mar seill(e)C’est la réalité de la langue parlée.
L'écrit orthographique est la référence de la transcription et le nombre de syllabes écrites est fixe ; ce nombre relève de la structure même de la syllabe écrite.
Le phénomène de variation entre mot oral et mot écrit étant très fréquent dans la langue française, il faut nécessairement en tenir compte dans l’enseignement dans la mesure où langue orale et langue écrite représentent les deux aspects et les deux formes d’une même langue de communication.
Contradiction : forme orale / forme écrite
Si l’on observe la liste des mots que nous avons proposée dans le paragraphe qui précède (les formes), nous noterons que parmi eux, il y en a six, qui bien que constitués de deux syllabes écrites se prononcent en une seule syllabe orale :huî/tre as/tre sui/te trui/te spec/tre stro/phe
Il y a là contradiction entre la forme orale et la forme écrite d’un même mot.
Cette situation est habituelle et régulière en français pour les mots se terminant selon la forme suivante :
consonne(s) + /e/ caduc *
* Nous appelons /e/ caduc le son /e/ que l'on peut choisir de prononcer ou pas : lu/ne ba/lle mon/tre
ne pas le confondre avec le e muet qui lui ne se prononce jamais (oie, pie )
Cette situation apparaît aussi parfois quand la forme (consonne + /e/ caduc) est en début ou en corps de mot.
ve/nez re/mon/ter len/te/ment bi/be/ron dé/mé/na/ge/mentCe phénomène, dû à l’évolution de la langue parlée, conduit à prendre en considération au niveau de l’enseignement de la lecture et de l’orthographe ce double aspect phonie/graphie ; il entraîne la nécessité de bien faire distinguer entre la segmentation syllabique écrite et la segmentation syllabique orale.
Il convient de jamais oublier que l'écriture et l'orthographe sont faites pour la vue.
Le procédé facilalire intègre totalement ces données puisqu’il donne à voir dans les mots la structure de la syllabe écrite en faisant apparaître la voyelle en couleur que celle-ci soit prononcée ou non.
En français, il y a autant de syllabes écrites qu’il y a de voyelles.
En observant le nombre de voyelles que contient un mot, on sait aussitôt le nombre de syllabes qu’il contient.
Ce que les utilisateurs des procédés facilecture et facilalire ont implicitement ou explicitement observé et compris ... grâce aux couleurs ...
Mot → Syllabes → Phonèmes → Graphèmes
Une démarche analytique
La distinction entre les lettres -aux valeurs variables et équivoques- et les graphèmes, doit être régulièrement mise en avant, explicitée, montrée.
La manipulation de graphèmes constitués semble être une voie à prendre en considération et à privilégier, voire à systématiser, afin de faciliter les apprentissages.
C’est l’un des objets de facilalireGraphèmes → Phonèmes → Syllabes → Mot
Une démarche synthétique
La lecture, dans sa phase de déchiffrage, consiste à sonoriser des graphèmes pour produire des syllabes et à les assembler successivement afin de "remonter" jusqu’au mot de la langue orale qui fait sens pour le lecteur.
Pour accomplir cette tâche, le lecteur doit en premier lieu opérer un tri parmi les lettres de l’alphabet qui composent chaque mot écrit afin de repérer et sélectionner :- les "phonogrammes" constitués d’une seule lettre
- les "phonogrammes" constitués de plusieurs lettres
- les lettres muettes "morphogrammes"Le repérage et la combinaison de ces différents éléments lui permettront dans un premier temps de constituer des syllabes.
L’enchaînement des syllabes lui permettra de "remonter" jusqu’au mot entier et de le reconstruire.
Cette tâche est extrêmement complexe du fait de la structure même de la syllabe qui compte une douzaine de possibilités comme nous l’avons indiqué plus haut. Elle l'est plus particulièrement encore à la frontière entre deux syllabes, lorsque celles-ci sont constituées de plusieurs lettres consonnes.
Où faut-il couper ?
Pour réussir, à ce stade, la combinaison des éléments graphèmes en syllabes, puis en mot, il faut avoir parfaitement automatisé la correspondance sonore : graphèmes/phonèmes.Dans ce processus de lecture, l’élève est dans une démarche de type synthétique.
Il doit partir des petites unités écrites (les graphèmes) correspondant aux plus petites unités sonores du mot (les phonèmes) puis opérer la fusion de ces unités pour composer une syllabe afin de reconstruire le mot, si celui-ci ne contient qu’une syllabe.
Si le mot comprend plusieurs syllabes, c'est l’enchaînement de toutes les syllabes qui lui permettra de le reconstruire.
L’élève part d'unités graphiques (phonogrammes + morphogrammes) pour reconstituer l’entier (mot).Lorsque l’on sait lire, on maîtrise le jeu des tâches simultanées et des relations complexes : graphèmes, phonèmes, lettres muettes, fusion des phonèmes, segmentation syllabique, sens des mots, rapport de l'écrit à l'oral et inversement.
Chaque mot identifié (reconnu rapidement) par le lecteur expert est la résultante de ces relations et actions automatisées.Pour parvenir à l’identification des mots -qui est le propre du lecteur expert et donc le but visé à l'issue de l'apprentissage- le nombre de mises en situation de rencontre et d’expérience de combinatoire de ces mots diffèrera selon chaque individu.
Là où un apprenti lecteur sera capable d'identifier un mot nouveau après quelques mises en situation de rencontre et de combinatoire, un autre apprenant devra s’y soumettre des dizaines de fois, voire même davantage...Au stade de l'apprentissage, le déchiffrage syllabique conduit à une sonorisation de syllabes.
La sonorisation n'est pas la lecture tant qu'elle n'a pas débouché sur l'évocation du sens ou des sens possibles de cette succession de syllabes.
Le déchiffrage syllabique n'est qu'une étape dans le processus cognitif d'apprentissage de la lecture, étape présente dans toutes les méthodes phonémiques et interactives qui font appel à des activités d'analyse et de synthèse.
Combien de déchiffreurs ... qui ne sont pas lecteurs .... partiellement ou totalement, et pour des raisons multiples et diverses qui ne relèvent pas de la technique de la combinatoire. Leurs difficultés ont d'autres causes, parmi lesquelles : déficit de langue parlée, d'attention, d'évocation, de mémorisation, de gestion simultanée des tâches, indisponibilité, ...
Quelle que soit la méthode employée pour apprendre à lire, le lecteur expert est celui qui connaît de manière automatique : visuellement, orthographiquement, phonétiquement et sémantiquement les différents mots de sa languel
Nous avons identifié dans les chapitres qui précèdent les éléments entrant en compte dans l’apprentissage de la lecture et qui peuvent poser problème à un apprenti lecteur :
- distinction entre les lettres et les graphèmes
- distinction entre les graphèmes de 1, 2 ou 3 lettres
- distinction entre les voyelles, les semi-voyelles et les consonnes
- distinction entre les deux valeurs sonores d'une même consonne
- distinction entre les phonogrammes (sonores) et les morphogrammes (muets)
- repérage de la voyelle, noyau de la syllabe
Le procédé facilalire aide l’apprenti lecteur dans sa tâche en lui permettant de repérer dans les mots :
- les graphèmes voyelles et semi-voyelles qui constituent un noyau de syllabe
- les consonnes
- les consonnes ambiguës
- les lettres muettes ayant une valeur orthographique lexicale et/ou grammaticale
- la ponctuation
- les liaisonsLe procédé facilalire utilise un codage très simple :
Voyelles et semi-voyelles
Deux couleurs ▲▲ sont utilisées pour coder les graphèmes voyelles (ou semi-voyelles)
Le bleu ▲ code par défaut la présence d’une voyelle (ou semi-voyelle).
Le vert ▲note la présence d’une autre voyelle (ou semi-voyelle) juxtaposée à la précédente.
La juxtaposition de graphèmes de couleurs bleu et vert ▲▲ signale immédiatement au lecteur qu’il est en présence de l’une des deux situations suivantes :
1 ► voyelle /ou semi voyelle + voyelle/ → une syllabe
(c'est la situation générale, la plus fréquente)
lion pied piano suite travail soleil loin cobaye
2 ► voyelle + voyelle → deux syllabes
boa réunir maïs néon pays pharaon encrier
Quelques mots difficiles à lire, contenant la succession de 3, voire 4 sons vocaliques, existent dans la langue française ; facilalire les code pour faciliter leur déchiffrage :
▲▲ ▲ crayon ailleurs brouillon gruyère
▲▲▲▲ aiguille cuiller
Remarque [w]
Le son /oi/ (roi, loi) est constitué de la semi-voyelle [w] et de la voyelle [a]. Il s’écrit phonétiquement et se prononce [wa].
La logique du codage facilalire voudrait que cette association d'une voyelle et d'une semi-voyelle soit notée de deux couleurs (oi) ce qui n'est pas le cas... Ce graphème, qui se caractérise par une très grande stabilité, a acquis avec le temps un statut particulier. Il est considéré aujourd'hui comme une voyelle à part entière et est enseigné dans les classes comme telle. Il a donc été décidé de le traiter ici d'une seule couleur.
Ce traitement ne s’applique qu’au seul graphème /oi/. Les réalisations des toutes les autres formes graphiques contenant le phonème semi-voyelle [w] (oin, oui, ouer, wi, we, ua, …) seront traitées de deux couleurs.
loin oui jouer kiwi western week-end jaguar aquatique
Consonnes
Les consonnes sont toujours en noir, en caractères gras par défaut.
Seules les consonnes sujettes à confusions ont un codage particulier :
→ les graphèmes consonnes à double valeur sont codés en maigre avec une réduction de la taille l a i
(c, g, s, t, x)
cerise bagage maison attention dix
→ les graphèmes consonnes constitués de deux lettres différentes sont codés en italique
quelqu'un chemin vigne phare guitare
Lettres muettes
→ Les lettres muettes -qui ont une valeur orthographique lexicale ou grammaticale- sont codées en gris
▲ puits poupée frères comptent port porc
Le gris code exclusivement les lettres toujours muettes.
Le gris ne code pas le e caduc.
En français, le e caduc est représenté par la lettre /e/ associée à une consonne.
Généralement placée en fin de mot, cette lettre est souvent muette à la prononciation.
Cependant cette lettre, qui forme de fait une syllabe avec la consonne qui la précède, est sonorisable (régionalisme, accent, poésie).
Nous considérons ici la lettre /e/ comme une voyelle à part entière (noyau de syllabe) et nous la codons comme telle, en couleur.
Facilalire donne à voir au lecteur la présence d’une syllabe écrite.
Il appartiendra à chaque lecteur d’ajuster sa lecture selon son choix.
claire fontaine parles ouvrent biberon fenêtre
Ponctuation
→ Les signes de ponctuation sont codés en rouge
La ponctuation constitue un élément fondamental de l’écriture des textes, et donc de la lecture.
Les points de fin de phrase sont essentiels.
Ils constituent, avec la majuscule de début de phrase, les éléments du bornage de l’énoncé, limites entre lesquelles les mots sont ordonnés pour former du sens auquel il convient pour le lecteur d’accéder.
Repérer les bornes de la phrase permet au lecteur de délimiter spatialement le champ dans lequel va s'exercer son activité de lecture, de mise en relation des mots, pour accéder au message qu'ils forment.
La nature même des points de clôture revêt une importance considérable.
L’exclamation, l’interrogation, la suspension, tous ces signes ont une signification et jouent un rôle important dans l'accession au sens de l'énoncé.
Apprendre à repérer les bornes des phrases et les décoder est une activité de lecture importante.Les virgules participent à la segmentation sémantique de la phrase.
Savoir les repérer comme marques indicatives des groupes constitutifs de l’énoncé est important.Les guillemets, qui permettent de mettre en évidence dans un texte narratif le discours direct, qui représente la parole de quelqu’un, sa langue parlée, jouent un rôle essentiel.
La lisibilité et la maîtrise de tous les signes de ponctuation concourent à la fluence en lecture.
Leur repérage est capital pour y aider. Facilalire y contribue.
Quelques exemples de codage facilalire :Il alla trouver Ibis l’oiseau, son voisin, installé dans un champ de lotus.
« Je veux aller à New York, mais je ne connais pas le chemin. Peux-tu m’aider » ?
« Pendant un jour et une nuit tu suivras le large fleuve Mississipi » répondit Ibis.« Et ensuite ? » demanda Croco l’alligator.
« Ensuite, tu arriveras à la plaine, et là-bas, tu trouveras sûrement quelqu’un pour t’aider. Bon voyage » !
Croco l’alligator reprit son sac et partit.
Liaisons
→ Les liaisons de l’oral peuvent apparaître à l’écrit
La langue orale use en certaines occasions de liaisons entre les mots. L’écrit ne note pas ces liaisons, qu’elles soient obligatoires ou facultatives.Dans la mesure où la lecture est une transcription écrite de la langue parlée, il peut être nécessaire, au stade de l’apprentissage, de faire apparaître temporairement les marques de liaison que l'oral contient afin d’aider l’apprenti lecteur à les localiser, sachant par ailleurs qu’elles ne sont jamais notées dans un texte ordinaire.
Cette pratique est répandue dans les classes.Cette aide ponctuelle qui permet de faire apparaître les liaisons obligatoires et facultatives existe dans le procédé facilalire. Elle est accessible via la police spécifique liaison qui permet à l'utilisateur de porter les liaisons de son choix où il veut dans le texte. Cette police sera mise à disposition prochainement sur ce site.
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Les codages ont été réalisés avec le transcodeur facilalire présenté à la rubrique ressources