Procédé     

intégral

1- Le principe alphabétique

2- Les sons de la  langue
 
   Les voyelles
     Les consonnes
     Les semi-voyelles

3- Des sons et des signes : correspondance
    
Un son : plusieurs signes
     Un signe : plusieurs sons …ou aucun
     Des lettres équivoques

4- La syllabe
     La structure
     Les formes
     Syllabe orale, syllabe écrite

5-
De l'oral vers l'écrit 
     Une démarche analytique 

6- De l'écrit vers l'oral
     Une démarche synthétique

7
- Le code facilalire
    Voyelles et semi-voyelles
    Consonnes
    Lettres muettes
    Ponctuation
    Liaisons    


 1 - Le principe alphabétique                                                                                 

L’écriture, quel que soit le système inventé ou adopté par les civilisations, découle de l’oral et en constitue le prolongement.
Le principe alphabétique, qui est une forme de système d'écriture parmi d’autres, consiste à se servir d'un ensemble de symboles graphiques pour représenter et transcrire les sons de la langue orale.

L’apprentissage de la lecture dans les langues relevant de ce système d’écriture nécessite la prise de conscience de ce principe, sa compréhension, ainsi que la maîtrise du code qui le régit.


Prendre conscience du principe alphabétique et le comprendre, c’est concevoir que :

 - à une langue parlée correspond une langue écrite composée de signes
 - à un mot oral correspond un mot écrit codé à l’aide de signes graphiques, les lettres
 - à un phonème (son de la parole) correspond un graphème (signe constitué d’une ou de plusieurs lettres) 


 2 - Les sons de la langue                                                                                 

La langue orale est constituée de sons : les phonèmes.
Dans la langue française les phonèmes se répartissent  ainsi :

      
- voyelles
      - consonnes
      -
semi-voyelles
(ou semi-consonnes)

Remarque préliminaire :
Les  termes "voyelle" et "consonne" utilisés dans ces lignes et sur ce site le sont dans leur acception phonétique. Ils s’appliquent à désigner les sons de la parole.
Dans le cas de la référence aux graphies de l’alphabet latin, nommées également consonnes et voyelles, ce sont les expressions "lettre voyelle" ou "lettre consonne" qui seront utilisées ; cette distinction est essentielle à une bonne communication.

  Les  voyelles 

La voyelle est un son du langage humain produit par la vibration des cordes vocales et caractérisé par le passage de l’air via la cavité buccale et/ou les fosses nasales.
La cavité buccale et les fosses nasales servent de résonateurs et de modulateurs à l’écoulement de l’air, jouant ainsi sur le timbre du son émis.

La voyelle constitue à elle seule une syllabe.
Sans voyelle pas de syllabe !

  • Les voyelles se caractérisent par des sons "clairs" et "intenses"

  • Les voyelles du français sont de deux types : orales et nasales

  • Lorsque l’air passe par la bouche, les voyelles sont orales : Œ  E (é è) OU  A  U  I

  • Lorsque l’air passe par le nez, les voyelles sont nasales :   AN  ON  IN  UN  


Tableau des voyelles

               voyelles orales                                                         voyelles  nasales

[O]

[o]

moto
fauteuil
bateau

 
porte
album

__________

[u]

ours
igloo

__________

 [y]

lune

 

[Œ]

 [ø]

bleu
cheval
oeufs

[œ]
cœur
fleur

__________

[a]

ananas
âne
roi
__________

[i]

hiver
île
pyjama 

 

[E]

[e]

bébé
nez
parler
et



]

père
pelle
tête
noël
neige
fraise
violet
les
est

 

[ã]

orange
dent
jambe
décembre
__________

 

bonbon
trompe
__________

sapin
timbre
main
faim
ceinture
chien


un
parfum
 

 

   Les  consonnes 

La consonne
est un son du langage humain dont la production est caractérisée par l’obstruction du passage de l’air via la cavité buccale et/ou les fosses nasales.

La  consonne ne peut pas à elle seule former une syllabe.
La consonne a besoin d’être associée à une voyelle pour constituer une syllabe.

Les consonnes se caractérisent par des bruits (sifflement, chuintement, claquement, …)
Elles peuvent être de deux types :
        - occlusives lorsque le passage de l'air est fermé et que le son résulte de son ouverture subite  (p, b, t, d, k, g)
        - continues lorsque le passage de l’air n'est pas interrompu (f, v, s, z, ch, j, m, n, l, r, gn )

                   consonnes

[p]

 

p

papa

[b]

 

b

bébé

[t]

 

t

tapis

[d]

 

d

dé

[k]

 

c       qu     k      q

coq            quille     képi     

[g]

 

g       gu

gâteau       guitare

[f]

 

f        ph

feuille        pharmacie

[v]

 

v                w

valise         wagon

 

ch     sh

chat           shampooing

 

 j                 g

jardin        girafe


[s]

 

s       c          ç

 x                 t

sapin         ciel           garçon

di
x             attention

[z]

 

z                  s

zèbre         maison

[m]

 

m

moto

[n]

 

n

noir

[r]

 

r

roue

[l]

 

l

lapin

[ŋ]

 

gn

peigne

 

  Les semi-voyelles 

La semi-voyelle (ou semi-consonne)
Deux appellations existent pour désigner la même réalité phonétique. 
Le mode de production de la semi-voyelle (terme que nous emploierons par défaut dans ces pages) est semblable à celui d’une voyelle. Cependant la semi voyelle n’est pas caractérisée par un son "clair et intense" comme  la voyelle.
La semi-voyelle est un phonème vocalique, placé avant ou après une voyelle.
Une voyelle et une semi-voyelle associées composent deux sons liés qui se prononcent en une seule émission de voix. (oi, ui, ion, ail, eil)

La semi-voyelle ne peut pas à elle seule former une syllabe.
La semi-voyelle a besoin d’être associée à une voyelle pour constituer une syllabe.

Les semi-voyelles du français sont les suivantes
:

  [j]      i    y    il   ill  ll            lion    yeux    soleil    paille   brille
 [w]    
o    ou   w                     oiseau   loin   oui    souhait   kiwi
 [µ]    
u                                   lui     huile   suer
 
Les semi-voyelles ont des sonorités proches des voyelles 
/i/ /ou/  /u/ mais elles en sont phonétiquement différentes et s'en distinguent.


 3 - Des sons et des signes : correspondance                                                        

Dans certaines langues, la correspondance entre les sons et les signes est régulière.
A chaque son de la langue parlée (phonème) correspond un signe graphique (graphème) et un seul.
Inversement, à chaque signe graphique correspond un son et un seul.
Dans ce type de langues aux correspondances régulières, appelées
langues transparentes, l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe est relativement facile. (espagnol, italien, indonésien ...).
La langue française n’est pas de ce type, les correspondances entre les sons et les signes y sont irrégulières.



  Un son : plusieurs signes   

À un même son peuvent correspondre plusieurs signes graphiques 

Les signes phonographiques (qui codent les sons) peuvent être constitués d’une lettre, de deux, ou de trois parfois :

   
o        fauteuil, auto, peau, pot, hôtel, album
   
œ       bleu, cheval, nœud, monsieur, jne, œil, cueillir, faisan, club
   
e        mer, père, maire, mtre, neige, rêve, bonnet, pelle, noël, aimait
              bébé, chanter, les, n
ez

Ces signes phonographiques sont des phonogrammes.

Lors de l’écriture des mots, d’autres lettres viennent s’ajouter aux phonogrammes pour apporter des informations orthographiques de type lexical (1) ou grammatical (2) :
                                                 
 (1)  pot, gros, chaud, hôtel                            
                                                  
(2) peaux, pots, bleue, bleues, aimais, aimait, aimaient   

Ces lettres ne codent pas de son : ce sont des lettres muettes.
Elles codent du sens lexical     (famille de mots)                    
                                                pot → poterie          chaud→ chaude                        
    
ou du sens grammatical     (pluriel, genre, conjugaison)    
                                                peaux   bleues  aimaient

Ces signes orthographiques sont des morphogrammes.

La présence dans l'écrit de ces deux types de marques, phonographiques et orthographiques indique bien que  l'écriture
de la langue française est à deux niveaux : elle est principalement phonétique (note du son) mais elle est aussi idéographique (note du sens), ces deux aspects étant intimement liés.


  Un signe : plusieurs sons… ou aucun 

À un même signe graphique peuvent correspondre plusieurs sons différents… ou aucun 

              e          cheval, merci, femme                         rue, tombée
              en        enfant, chien, lichen                          mangent
              s           sou, dessin, rusé                                cartes, aimes
              g          gare, goûter, girafe, luge                     lon
g

Ces cas sont multiples dans la langue française et constituent pour de nombreux élèves la source des difficultés qu’ils rencontrent dans l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.


  Des lettres équivoques 

Le système phonologique du français compte 36 phonèmes (sons de la parole).
Pour transcrire les phonèmes à l’écrit, nous utilisons environ 130 graphèmes.
Ces graphèmes sont écrits à l’aide de 26 lettres.
C’est dans cette « équation » que résident bien des problèmes d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.

Les lettres voyelles et consonnes sont elles-mêmes des phonogrammes et peuvent, seules, noter des sons.
Elles peuvent aussi, en s’associant entre elles, participer  à la création de nouveaux phonogrammes pour noter des sons totalement différents.

Elles peuvent aussi ne pas noter de son (morphogrammes).
Certaines lettres consonnes contribuent à la réalisation de graphèmes voyelles (an, on, in, ain, im, un, et …) ce qui peut être déroutant...

Les lettres sont équivoques ce qui rend complexe l’apprentissage de la lecture et de l’orthographe et conduit à recommander la plus grande précaution à leur égard et dans leur usage.

La distinction entre les lettres -aux valeurs variables et équivoques- et les graphèmes, doit être régulièrement mise en avant, explicitée, montrée.

La manipulation de graphèmes constitués semble être une voie à prendre en considération et à  privilégier, voire à systématiser, afin de  faciliter les apprentissages.


C’est l’un des objets de facilalire.

Du fait de l’irrégularité des correspondances entre les sons et les signes écrits, la langue française est considérée comme une langue opaque.
Notons qu’elle l’est beaucoup moins que l’anglais, langue très opaque qui compte un millier de graphèmes pour noter 44 phonèmes.

Des études ont montré
que c’est parmi les locuteurs de ces deux langues (français et anglais),  que l’on rencontre le pourcentage le plus élevé d’élèves en difficulté d’apprentissage de la lecture et de l’orthographe.
La nature même de ces langues n’est probablement pas étrangère à ce fait.  


 4 - La syllabe                                                                                                            

Un mot est formé d’une ou de plusieurs syllabes.
Une syllabe est composée d’un ou de plusieurs phonèmes.
La syllabe correspond à l’unité phonétique prononcée lors d’une seule émission de voix.

  La structure 

Quelle est  la structure de la syllabe ?
Nous avons noté précédemment (§2, Les sons de la langue) qu’une syllabe ne peut exister sans voyelle.

     Sans voyelle pas de syllabe !


La voyelle est le cœur de la syllabe.
Le cœur de la syllabe, appelé noyau par les linguistes, est composé d’une voyelle seule ou bien d’une voyelle et d’une semi-voyelle associées.

C’est autour de ce noyau que peuvent venir se greffer les consonnes pour former une syllabe plus étendue.
Les consonnes peuvent prendre place avant le noyau (a l’attaque) et après le noyau (à la coda).
La structure générale de la syllabe peut être représentée par le schéma suivant :

 attaque

rime

 

 

noyau 

Coda


C
onsonne(s)

Voyelle
ou
Voyelle + semi-voyelle


C
onsonne(s)

A partir de ce schéma, on peut, selon les mots de la langue française, observer que plusieurs formes de syllabes sont possibles. Les variations structurales touchent à l’attaque et à la coda, à leur existence ou non, et au nombre de consonnes qui les composent.
 

  Les formes 

Quelles formes la syllabe peut-elle  prendre ?

Une syllabe ne peut exister sans noyau
, c'est-à-dire sans voyelle ou sans association : voyelle + semi-voyelle.

Exemples de mots constitués d’une seule syllabe :

          C = consonne     V = voyelle
 (ou voyelle + semi-voyelle)

          1/ sans attaque, sans coda                  V                       

ou

oie

ail

          2/ sans attaque, avec coda                 VC       VCC   VCCC

o

r

hui

t

a

rc

huî

tre

a

stre

        3/ avec attaque, sans coda                 CV       CCV    CCCV

l

a

b

ien

tr

ou

pr

oie

str

ie

          4/ avec attaque, avec coda                 CVC    CCVC     CCVCC     CCVCCC   CCCVC     CCCVCC

l

a

c

s

ui

te

tr

o

c

tr

ui

te

tr

a

ct

sp

e

ctre

str

o

phe

str

i

ct

On observe que les formes varient de la plus simple (voyelle seule) à la plus complexe (voyelle avec attaque et coda contenant plusieurs consonnes).

   V                  VC                 VCC            VCCC
CV            CCV            CCCV               CVC            CCVC            CCVCC        CCVCCC     CCCVC          CCCVCC   

On peut noter  en français l’existence d’une douzaine de formes de syllabes différentes

Au regard du nombre des combinaisons possibles, on peut imaginer la difficulté que peut représenter pour l'élève la tâche de fusion syllabique des mots écrits, tout particulièrement lorsque les mots sont composés de plusieurs syllabes aux formes complexes.


  Syllabe orale, syllabe écrite 

Lorsque l’on parle de syllabe, Il convient de bien distinguer entre syllabe orale et syllabe écrite.

La langue orale est vivante et de ce fait elle est sujette à modifications.
Son évolution est régulière, permanente et rapide depuis l'avènement des moyens modernes de communication.
La langue française est parlée diversement et prononcée de façon variable selon les locuteurs, les régions et les différents lieux de la francophonie.
Sa réalité est diverse.

La langue écrite est figée, et son évolution a été extrêmement lente au cours de l'histoire.
Les rares tentatives de réformes orthographiques ont toujours déchaîné les passions.
Depuis l'avènement récent des outils de télécommunication modernes et leur usage généralisé, de nouvelles formes de langue écrite semblent se mettre en place. Le suivi de leur évolution ne manquera pas de donner de précieuses indications aux linguistes.
Quoi qu'il en soit, en situation d’apprentissage de lecture et d’orthographe, le référent demeure l’écrit.
Et les références de l'écrit se trouvent dans les dictionnaires de langue.
C’est sur ce matériau et ces éléments que se fondent les enseignements de la langue écrite à l'école.

Selon la prononciation des locuteurs, le nombre de syllabes peut varier pour un même mot :

lentement             (3)     len      te         ment                  (2)        lent(e)       ment 
biberon                         bi       be        ron                                 bi              b(e)ron  
Marseille                       Mar    se         ille                                 Mar          seill(e)

C’est la réalité de la langue parlée.

L'écrit orthographique est la référence de la transcription et le nombre de syllabes écrites est fixe ; ce nombre relève de la structure même de la syllabe écrite.

Le phénomène de variation entre mot oral et mot écrit étant très fréquent dans la langue française, il faut nécessairement en tenir compte dans l’enseignement dans la mesure où langue orale et langue écrite représentent les deux aspects et les deux formes d’une même langue de communication.
 

   Contradiction : forme orale / forme écrite  

Si l’on observe la liste des mots que nous avons proposée dans le paragraphe qui précède (les formes), nous noterons que parmi eux, il y en a six,  qui bien que constitués de deux syllabes écrites se prononcent en une seule syllabe orale :

  huî/tre       as/tre       sui/te       trui/te      spec/tre             stro/phe                  

Il y a là contradiction entre la forme orale et la forme écrite d’un même mot.

Cette situation est habituelle et régulière en français pour les mots se terminant selon la forme suivante :

 
              consonne(s) +  /e/ caduc *


* Nous appelons /e/ caduc le son /e/ que l'on peut choisir de  prononcer ou pas : 
lu/ne   ba/lle   mon/tre
 
n
e pas le confondre avec le e muet qui lui ne se prononce jamais (oie, pie )

Cette situation apparaît aussi parfois quand la forme  (consonne +  /e/ caduc) est en début ou en corps de mot.

 
ve/nez         re/mon/ter           len/te/ment       bi/be/ron    dé/mé/na/ge/ment

Ce phénomène, dû à l’évolution de la langue parlée, conduit à prendre en considération au niveau de l’enseignement de la lecture et de l’orthographe ce double aspect phonie/graphie ; il entraîne la nécessité de bien faire distinguer entre la segmentation syllabique écrite et la segmentation syllabique orale.
Il convient de jamais oublier que l'écriture et l'orthographe sont faites pour la vue.

Le procédé facilalire intègre totalement ces données puisqu’il donne à voir dans les mots la structure de la syllabe écrite en faisant apparaître  la voyelle en couleur  que celle-ci soit prononcée ou non. 

En français, il y a autant de syllabes écrites qu’il y a de voyelles.
 
En observant le nombre de voyelles que contient un mot, on sait aussitôt le nombre de syllabes qu’il contient.

Ce que les utilisateurs des procédés facilecture et facilalire ont implicitement ou explicitement observé et compris ... grâce aux couleurs ...

 


 5 - De l’oral vers l’écrit                                                                                             

Mot → Syllabes → Phonèmes → Graphèmes

  Une démarche analytique 

Pour aider l’élève à comprendre le principe alphabétique, on lui apprend à analyser la langue orale à partir des mots qu’il prononce.

Exemple de l’analyse sonore d’un mot : chanson
  
                        
       
          1/
Le mot est découpé en syllabes. C’est l’analyse syllabique.
                        
             
          2/
Chaque syllabe est découpée en phonèmes. C’est l’analyse phonémique.
            

                  ch        an        s       on          chanson
            

Analyse du mot en syllabes, puis, analyse de chaque syllabe en phonèmes.
Dans ce processus, l’élève est dans une démarche de type analytique.
Il part d’un énoncé oral entier (le mot) pour aller vers les plus petites unités sonores le composant (les phonèmes).

A l’issue de cette analyse, lors de la transcription écrite des sons, à un phonème  (son) on fait  correspondre un graphème (signes graphique)

Or, le graphème n’est pas la lettre … il est le graphème ...

Il convient ici de distinguer entre ces deux éléments et de bien faire la différence entre :
 
- les lettres, seules, qui sont des graphèmes à part entière (la lettre et le graphème se confondent)
- les lettres qui ne sont pas des graphèmes à part entière mais sont les éléments partiels et constitutifs d’un autre graphème qui correspond à un son autre

Considérons les lettres  a, n, o, s  dans les mots suivants :

            a   dans papa               n    dans lune               o   dans moto              s    dans serin
Dans ces mots, les lettres sont des graphèmes à part entière. La lettre est un son.

Considérons ces mêmes  lettres a, n, o, s  dans les mots suivants :
            lait       chant      pain     maison     faisan    eau   roi    monsieur    faon  
Dans ces mots, les lettres ne sont pas individuellement des graphèmes, mais des éléments lettres constitutifs de graphèmes différents qui produisent des sons différents de celui que chaque lettre produit seul.

Notons également que certaines lettres peuvent perdre toute valeur sonore et être muettes mais qu’elles participent pleinement à l’écriture des mots à titre orthographique :
           
port     porc   pore   chaud   chaux   voiles  voilent    trop   trot   voivoie   ta

Prendre conscience de la valeur variable des lettres et de leur rôle
est loin d'être une évidence ... L'accompagnement d'élèves dans leur apprentissage de la lecture m'a maintes fois démontré que résidait là souvent la source de leur difficulté première  ...

La distinction entre les lettres -aux valeurs variables et équivoques- et les graphèmes, doit être régulièrement mise en avant, explicitée, montrée.

La manipulation de graphèmes constitués semble être une voie à prendre en considération et à  privilégier, voire à systématiser, afin de  faciliter les apprentissages.


C’est l’un des objets de facilalire


 6 - De l’écrit  vers l’oral                                                                                           

Graphèmes → Phonèmes → Syllabes → Mot

  Une démarche synthétique 

La lecture, dans sa phase de déchiffrage, consiste à sonoriser des graphèmes pour produire des syllabes et à les assembler  successivement afin de  "remonter" jusqu’au mot de la langue orale qui fait sens pour le lecteur.
Pour accomplir cette tâche, le lecteur doit en premier lieu opérer un tri parmi les lettres de l’alphabet qui composent chaque mot écrit afin de repérer et sélectionner :

 - les "phonogrammes" constitués d’une seule lettre
 - les "phonogrammes" constitués de plusieurs lettres
 - les lettres muettes "morphogrammes"

Le repérage et la  combinaison de ces différents éléments lui permettront dans un premier temps de constituer des syllabes.
L’enchaînement des syllabes lui permettra de "remonter" jusqu’au mot entier et de le reconstruire.
Cette tâche est extrêmement complexe du fait de la structure même de la syllabe qui compte une douzaine de possibilités comme nous l’avons indiqué plus haut. Elle l'est plus particulièrement encore à la frontière entre deux syllabes, lorsque celles-ci sont constituées de plusieurs lettres consonnes.
Où faut-il couper ?
Pour réussir, à ce stade, la combinaison des éléments graphèmes en syllabes, puis en mot, il faut  avoir parfaitement automatisé la correspondance sonore : graphèmes/phonèmes.

Dans ce processus de lecture, l’élève est dans une démarche de type synthétique.
Il doit partir des petites unités écrites (les graphèmes) correspondant aux plus petites unités sonores du mot (les phonèmes) puis opérer la fusion  de ces unités pour composer une syllabe afin de reconstruire le  mot, si celui-ci ne contient qu’une syllabe.
Si le mot comprend plusieurs syllabes, c'est l’enchaînement de toutes les syllabes qui lui permettra de le reconstruire.
L’élève part d'unités graphiques (phonogrammes + morphogrammes) pour reconstituer l’entier (mot).

Lorsque l’on sait lire, on maîtrise le jeu des tâches simultanées et des relations complexes : graphèmes, phonèmes, lettres muettes, fusion des phonèmes, segmentation syllabique, sens des mots, rapport de l'écrit à l'oral et inversement.
Chaque mot identifié (reconnu rapidement) par le lecteur expert est la résultante de ces relations et actions automatisées.

Pour parvenir à l’identification des mots -qui est le propre du lecteur expert et donc le but visé à l'issue de l'apprentissage- le nombre de mises en situation de rencontre et d’expérience de combinatoire de ces mots diffèrera selon chaque individu.
Là où un apprenti lecteur sera capable d'identifier un mot nouveau après quelques mises en situation de rencontre et de combinatoire, un autre apprenant devra s’y soumettre des dizaines de fois, voire même davantage...

Au stade de l'apprentissage, le déchiffrage syllabique conduit à une sonorisation de syllabes.
La sonorisation n'est pas la lecture tant qu'elle n'a pas débouché sur l'évocation du sens ou des sens possibles de cette succession de syllabes
Le déchiffrage syllabique n'est qu'une étape dans le processus cognitif d'apprentissage de la lecture, étape présente dans toutes les méthodes phonémiques et interactives qui font appel à des activités  d'analyse et de synthèse.
Combien de déchiffreurs ... qui ne sont pas lecteurs .... partiellement ou totalement, et pour des raisons multiples et diverses qui ne  relèvent pas de la technique de la combinatoire. Leurs difficultés ont d'autres causes, parmi lesquelles : déficit de langue parlée, d'attention, d'évocation, de mémorisation, de gestion simultanée des tâches, indisponibilité, ... 


Quelle que soit la méthode employée pour apprendre à lire, le lecteur expert est celui qui connaît de manière automatique  : visuellement, orthographiquement, phonétiquement et sémantiquement les différents mots de sa langue


  7- Le code facilalire                                                                                                 

Nous avons identifié dans les chapitres qui précèdent les éléments entrant en compte dans l’apprentissage de la lecture et qui peuvent poser problème à un apprenti lecteur :

     -
distinction entre les lettres et les graphèmes
     - distinction entre les graphèmes de 1, 2 ou 3 lettres
     - distinction entre les voyelles, les semi-voyelles et les consonnes
     - distinction entre les deux valeurs sonores d'une même consonne
     - distinction entre les phonogrammes
(sonores) et les morphogrammes (muets)
     - repérage de la voyelle, noyau de la syllabe

Le procédé facilalire aide l’apprenti lecteur dans sa tâche en lui permettant de repérer dans les mots :

  
  - les graphèmes voyelles et semi-voyelles qui constituent  un noyau de syllabe
     - les consonnes

     - les consonnes ambiguës
     - les lettres muettes ayant une valeur orthographique lexicale et/ou grammaticale
     - la ponctuation
     - les liaisons

Le procédé facilalire utilise un codage très simple :

  Voyelles et semi-voyelles 

Deux couleurs sont utilisées pour coder les graphèmes voyelles (ou semi-voyelles)

Le bleu
code par défaut la présence d’une voyelle (ou semi-voyelle).
Le vert 
note la présence d’une autre voyelle (ou semi-voyelle) juxtaposée à la précédente.

La juxtaposition de graphèmes de couleurs bleu et vert
signale immédiatement au lecteur qu’il est en présence de l’une des deux situations suivantes :

    
1 voyelle  /ou semi voyelle +  voyelle/           
une syllabe
   
 
(c'est la situation générale, la plus fréquente)

     lion   pied   piano  suite   travail   soleil   loin   cobaye


     
2 voyelle + voyelle                               
     deux syllabes
     boa     réunir     maïs       néon    pays      pharaon      encrier
 

Quelques mots difficiles à lire, contenant la succession de 3, voire 4 sons vocaliques, existent dans la langue française ; facilalire les code pour faciliter leur déchiffrage :

           crayon   ailleurs   brouillon    gruyère  
     aiguille  cuiller


Remarque
  [w]
Le son /oi/ (roi, loi) est constitué de la semi-voyelle [w] et de la voyelle [a]. Il s’écrit phonétiquement et se prononce [wa].
La logique du codage facilalire voudrait que cette association d'une voyelle et d'une semi-voyelle soit notée de deux couleurs (
oi) ce qui n'est pas le cas... Ce graphème, qui se caractérise par une très grande stabilité, a acquis avec le temps un statut particulier. Il est considéré aujourd'hui comme une voyelle à part entière  et est enseigné dans les classes comme telle. Il a donc été décidé de le traiter ici d'une seule couleur.
Ce traitement ne s’applique qu’au seul graphème /oi/. Les réalisations des toutes les autres formes graphiques contenant le phonème semi-voyelle [w] (oin, oui, ouer, wi, we, ua,  …) seront traitées de deux couleurs.


loin   oui    jouer   kiwi  western  week-end  jaguaaquatique



  Consonnes 

Les consonnes sont toujours en noir, en caractères gras par défaut.
Seules les consonnes sujettes à confusions ont un codage particulier :


les graphèmes consonnes à double valeur sont codés en maigre  avec une réduction de la taille l a i
       (c, g, s, t, x)

     ceris   bagage   maison   attention   dix

les graphèmes consonnes constitués de deux lettres différentes sont codés en italique

    
quelqu'un    chemin    vigne    phare   guitare
 

  Lettres muettes 

Les lettres muettes -qui ont une valeur orthographique lexicale ou grammaticale- sont codées en gris

      puits      poupée      frères     comptent    port    porc

Le gris code exclusivement les lettres toujours muettes.

Le gris ne code pas le e caduc.  

En français, le e caduc est représenté par la lettre /e/ associée à une consonne.
Généralement placée en fin de mot, cette lettre est souvent muette à la prononciation.
Cependant cette lettre, qui forme de fait une syllabe avec la consonne qui la précède, est sonorisable  (régionalisme, accent, poésie).
Nous considérons ici  la lettre /e/ comme une voyelle à part entière (noyau de syllabe) et nous la codons comme telle, en couleur.
Facilalire donne à voir au lecteur  la présence d’une syllabe écrite.
Il appartiendra à chaque lecteur d’ajuster sa lecture selon son choix. 


   claire      fontaine   parles   ouvrent     biberon     fenêtre   
 

 

  Ponctuation 

Les signes de ponctuation sont codés en rouge

La ponctuation constitue un élément fondamental de l’écriture des textes, et donc de la lecture.

Les points de fin de phrase sont essentiels.
Ils constituent, avec la majuscule de début de phrase,  les éléments du bornage  de l’énoncé
, limites entre lesquelles les mots sont ordonnés pour former du sens auquel il convient pour le lecteur d’accéder.
Repérer les bor
nes de la phrase permet au lecteur de délimiter spatialement le champ dans lequel va s'exercer son activité de lecture, de mise en relation des mots, pour accéder au message qu'ils forment.
La nature même des points de clôture revêt une importance considérable.

L’exclamation, l’interrogation, la suspension, tous ces signes ont une signification et jouent un rôle important dans l'accession au sens de l'énoncé.
Apprendre à repérer les bornes des phrases et les décoder est une activité de lecture importante.

Les virgules participent à la segmentation sémantique de la phrase.
Savoir les repérer comme marques indicatives des groupes constitutifs de l’énoncé est important.

Les guillemets, qui  permettent de mettre en évidence dans un texte narratif le discours direct, qui représente la parole de quelqu’un, sa langue parlée, jouent un rôle essentiel.

La lisibilité et la maîtrise de tous les signes de ponctuation concourent à la fluence en lecture.
Leur repérage est capital pour y aider. Facilalire y contribue.


Quelques exemples de codage
facilalire :

Il alla trouver Ibis l’oiseau, son voisin, installé dans un champ de lotus.

« Je veux aller à New York, mais je ne connais pas le chemin. Peux-tu m’aider » ?

« Pendant un jour et une nuit tu suivras le lar
ge fleuve Mississipi » répondit Ibis.

« Et ensuite ? » demanda Croco l’alligator.

« Ensuite, tu arriveras à la plaine, et là-bas, tu trouveras sûrement quelquun pour t’aider. Bon voya
ge » !

Croco l’alligator reprit son sac et partit.


 

  Liaisons 

Les liaisons de l’oral peuvent apparaître à l’écrit

La langue orale use en certaines occasions de liaisons entre les mots. L’écrit ne note pas ces liaisons, qu’elles soient obligatoires ou facultatives.

Dans la mesure où la lecture est une transcription écrite de la langue parlée, il peut être nécessaire, au stade de l’apprentissage, de faire apparaître temporairement les marques de liaison que l'oral contient afin d’aider l’apprenti lecteur à les localiser, sachant par ailleurs qu’elles ne sont jamais notées dans un texte ordinaire.
Cette pratique est répandue dans les classes.

Cette aide ponctuelle qui permet de faire apparaître les liaisons obligatoires et facultatives existe dans le procédé facilalire. Elle est accessible via la police spécifique liaison qui permet à l'utilisateur de porter les liaisons de son choix où il veut dans le texte. Cette police sera mise à disposition prochainement sur ce site.

    
________________________________________________________________________

Les codages ont été réalisés avec le transcodeur
 facilalire présenté à la rubrique ressources