De l’écrit vers l’oral

Graphèmes → Phonèmes → Syllabes → Mot

Une démarche synthétique

La lecture, dans sa phase de déchiffrage, consiste à sonoriser des graphèmes pour produire des syllabes et à les assembler  successivement afin de « remonter » jusqu’au mot de la langue orale qui fait sens pour le lecteur.
Pour accomplir cette tâche, le lecteur doit en premier lieu opérer un tri parmi les lettres de l’alphabet qui composent chaque mot écrit afin de repérer et sélectionner :

les « phonogrammes » constitués d’une seule lettre
les « phonogrammes » constitués de plusieurs lettres
les lettres muettes « morphogrammes »

Le repérage et la combinaison de ces différents éléments lui permettront dans un premier temps de constituer des syllabes.
L’enchaînement des syllabes lui permettra de « remonter » jusqu’au mot entier et de le reconstruire.
Cette tâche est extrêmement complexe du fait de la structure même de la syllabe qui compte une douzaine de possibilités comme nous l’avons indiqué plus haut. Elle l’est plus particulière- ment encore à la frontière entre deux syllabes, lorsque celles-ci sont constituées de plusieurs lettres consonnes.
Où faut-il couper ?
Pour réussir, à ce stade, la combinaison des éléments graphèmes en syllabes, puis en mot, il faut  avoir parfaitement automatisé la correspondance sonore : graphèmes/phonèmes.

Dans ce processus de lecture, l’élève est dans une démarche de type synthétique.
Il doit partir des petites unités écrites (les graphèmes) correspondant aux plus petites unités sonores du mot (les phonèmes) puis opérer la fusion de ces unités pour composer une syllabe afin de reconstruire le mot, si celui-ci ne contient qu’une syllabe.
Si le mot comprend plusieurs syllabes, c’est l’enchaînement de toutes les syllabes qui lui permettra de le reconstruire.
L’élève part d’unités graphiques (phonogrammes + morphogrammes) pour reconstituer l’entier (mot).

Lorsque l’on sait lire, on maîtrise le jeu des tâches simultanées et des relations complexes : graphèmes, phonèmes, lettres muettes, fusion des phonèmes, segmentation syllabique, sens des mots, rapport de l’écrit à l’oral et inversement.
Chaque mot identifié (reconnu rapidement) par le lecteur expert est la résultante de ces relations et actions automatisées.

Pour parvenir à l’identification des mots -qui est le propre du lecteur expert et donc le but visé à l’issue de l’apprentissage- le nombre de mises en situation de rencontre et d’expérience de combinatoire de ces mots diffèrera selon chaque individu.
Là où un apprenti lecteur sera capable d’identifier un mot nouveau après quelques mises en situation de rencontre et de combinatoire, un autre apprenant devra s’y soumettre des dizaines de fois, voire même davantage…

Au stade de l’apprentissage, le déchiffrage syllabique conduit à une sonorisation de syllabes.
La sonorisation n’est pas la lecture tant qu’elle n’a pas débouché sur l’évocation du sens ou des sens possibles de cette succession de syllabes.
Le déchiffrage syllabique n’est qu’une étape dans le processus cognitif d’apprentissage de la lecture, étape présente dans toutes les méthodes phonémiques et interactives qui font appel à des activités d’analyse et de synthèse.
Combien de déchiffreurs … qui ne sont pas lecteurs … partiellement ou totalement, et pour des raisons multiples et diverses qui ne relèvent pas de la technique de la combinatoire. Leurs difficultés ont d’autres causes, parmi lesquelles : déficit de langue parlée, d’attention, d’évocation, de mémorisation, de gestion simultanée des tâches, indisponibilité, …

Quelle que soit la méthode employée pour apprendre à lire, le lecteur expert est celui qui connaît de manière automatique  : visuellement, orthographiquement, phonétique- ment et sémantiquement les différents mots de sa langue.

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